| LE BABY-PING Pour que notre discipline recrute plus jeunes et afin de garder les jeunes enfants dans nos clubs, il est nécessaire de mettre en place des actions structurées et ludiques. Avec les aimables autorisations de Remi De VENDEUIL, entraîneur au TTACC POITIERS ainsi que de Nicolas GUIGON, entraîneur du CD 67 TT (Bas-Rhin) qui ont instauré le Baby-ping depuis de nombreuses années dans leur club et département, nous avons le plaisir de vous présenter cette activité.
L'IFEF et la Ligue, organisent un module de formation Baby-ping en janvier 2011 à BEUVRY. (voir page d'acceuil du site)
Le "Baby-Ping" ! Cette expression est familière dans la sphère pongiste depuis déjà plus d'une dizaine d'années. En revanche, cette activité reste ponctuelle voire inexistante dans beaucoup de clubs. Chaque entraîneur fait sa propre sauce, à tâtons, avec très peu d'exemples pongistes extérieurs. Nous allons voir les exemples d'autres sports (comme le tennis ou la gymnastique) qui ont sûrement inspiré les pionniers du BBP, mais aussi tenter de répondre à des questions d'ordre pratique pour les clubs ou comités :
Les conseils du médecin régional : Tout d'abord, avec Emmanuelle LELEU, médecin conseiller de la Jeunesse et des Sports, rappelons l'intérêt de la pratique sportive des tous petits. Elle apparaît importante dans notre société de plus en plus sédentaire où l'intellect prend le pas sur le reste ("sport virtuel", "sport canapé"). De 0 à 3 ans, l'activité physique est recommandée pour un bon développement psychomoteur et par simple besoin naturel de dépense physique (60 min./jour). Elle met en place des habitudes saines de prévention des accidents, de la surcharge pondérale…). Enfin elle permet une meilleure croissance physique et psychique. Quelques précautions sont toutefois indispensables à ce stade important de l'enfance (environ de 0 à 6 ans). En effet, l'appareil osseux n'est pas calcifié, la masse musculaire est faible (ne pas travailler en force), l'appareil ligamentaire est très souple (risque d'entorse remplacé par risque d'arrachement), les mécanismes de régulation sont immatures (température, glycémie) et le langage est plus corporel que verbal (les émotions sont exprimées avec le corps, la notion de temps est faible, l'évaluation du danger aussi). Avant 6 ans, la technique peut couper l'envie par manque de découverte spontanée . Les activités doivent être variées et courtes, le plaisir et la rencontre des autres sont prépondérants. L'ébauche de la latéralité prend place vers 6-7 ans (l'apprentissage de la gestuelle peut commencer). Après cette acquisition, à 7-8 ans, la gestuelle peut s'affiner avec des cibles : l'enfant peut s'occuper de ce qu'il ne fixe pas avec ses yeux (vision périphérique). La maturité du système visuel ne s'achève qu'à 10-11 ans ! En bref, l'objectif est d'abord de faire de l'enfant un sportif : trop de technique mène à la sédentarité. L'exemple du mini-tennis : Selon Frédéric BERNIER, CSD Charente-Maritime de tennis, l'erreur est de faire mille activités sportives ou d'adresse (parcours, slalom, lancers) et finalement peu d'activités en rapport avec le tennis, c'est à dire avec une raquette et une balle. Les enfants ont vu NADAL et se sont inscrits pour faire du tennis comme lui. C'est à l'éducateur d'aménager des situations plus faciles pour limiter l'échec, mais en restant dans l'essence de l'activité. Pour cela, on peut changer le matériel : balles en mousse, grosses balles, ballons… à la place de la raquette, on peut attacher une palette de chaque côté de la main, etc. On peut changer la taille du terrain et les règles : deux rebonds avant de taper, faire rouler la balle… Les séances durent 45 minutes à une heure (2 fois par semaine) et concernent des enfants de 5 à 7 ans ; leur nombre ne dépassant jamais 6. Les activités hors tennis (sans l'outil : échauffement, éveil…) ne dépassent pas 10 minutes. Le comptage est permanent ! la technique est abordée, mais avec des mots plus simples, des images, des repères et beaucoup de Démonstrations. La différence de taille étant importante entre l'éducateur et l'enfant, dès qu'un enfant réussit une gestuelle, il est montré aux autres. L'exemple de la gymnastique : Avec les bébés nageurs, la gymnastique est l'un des sports où l'on peut commencer le plus tôt dans la petite enfance : 2ans. Cela s'explique par l'essence de ce sport dont l'outil est le corps. Les objectifs sont succincts : l'éveil psychomoteur et psychosocial, une mission sportive, pédagogique et de proximité ainsi qu'un apprentissage ludique (progression sociale et sportive en douceur). Un cadre existe depuis longtemps pour accueillir de si jeunes enfants : un label de la fédération garantit :un matériel adapté, une sécurité, une caution médicale, une organisation pédagogique et une communication autour du projet. La première année (2-3 ans), les "Baby-gym 1" forment un groupe parents-bébés. Les 3-4 ans forment le groupe "babygym 2" (sans parent) et les 5-6 ans l'"Eveil gymnique". Une séance-type comprend un rituel d'accueil (bonjour, petite histoire avec le thème de la séance), une mise en train, un parcours en rapport avec l'histoire, des activités exploratrices avec du petit matériel (ballons de baudruches, anneaux, etc.) et enfin un retour au calme. Les activités sont surtout centrées sur le corps : se suspendre, se balancer, tourner, rouler en avant, en arrière, sauter… Finalement de 2 à 4 ans, il est trop tôt pour le ping (se servir d'un outil est difficile), mais la gym peut poser de bonnes bases pour notre sport ! Le Gard : du baby-ping à grande échelle ! L'action d'Olivier SKENADJI sur son département a permis une forte licenciation, une dynamique d'échange entre cadres et la fidélisation d'un public très concurrencé par d'autres disciplines. Mais elle a surtout permis de remplir un objectif primordial pour la fédération qui avait missionné 10 comités pilotes : avoir un réservoir de jeunes joueurs de qualité chaque année, susceptibles de remplir des critères de la route du haut niveau. Le baby-ping concerne les 5-6 ans. Ils assistent à 1 ou 2 séances par semaine sur 4 lieux de regroupement dans le département avec des regroupements départementaux ponctuels durant toute l'année avec une journée finale. Il est important que le langage soit adapté à l'âge du public. Il doit être simple, sans terme technique, avec beaucoup d'images et très peu d'objectifs : un seul, voire deux liés entre eux. Les séances d'une heure se font beaucoup par ateliers pour des situations courtes et variées. Des thèmes de travail sont régulièrement abordés : - le service : dissocier le geste main gauche (de bas en haut pour un droitier) et le geste main droite (d'arrière en avant) dans l'espace et dans le temps (l'un après l'autre) - les déplacements : éducatifs du pied (nénuphar, marelle), équilibre du tronc (exercices d'allers-retours), vitesse (courses) et les différentes manières de se déplacer (miroir avec l'entraîneur) - le dosage balle/raquette : utiliser des cibles au sol ou sur la table plus ou moins loin, réaliser des jonglages hauts ou bas - les trajectoires : faire passer la balle au-dessus d'un filet plus haut ou au contraire faire passer la balle entre le filet et un fil tendu au-dessus. Idem avec des lignes tracées au mur. - Les rotations : (on peut les lier à la réalisation de trajectoire) : commencer avec la main faisant tourner un cerceau ou une roue de vélo, puis avec la raquette, des grosses balles, des balles coloriées. - Les règles du jeu : simplifier, apprendre la notion de faute (faute = pas de point), compter les points… Il est important de ne pas privilégier le coup droit ou le revers par rapport à l'autre, mais de faire les deux à chaque séance en spécifiant les caractéristiques importantes (Coup droit à côté de soi, revers : devant soi). Enfin, ajouter une certaine solennité (remise de diplôme, carnet de suivi des progrès), renforce la crédibilité de l'activité et l'intégration des parents : futurs soutiens de l'enfant. Etat des lieux du baby-ping : Pratique préexistante dans de nombreux clubs 2 limites : Difficulté de pérenniser l'activité (Zapping sportif) Pratique physique trop générale (loin des caractéristiques du tennis de table) Freins au développement du baby-ping : Facteurs psychologiques : représentations initiales des parents au regard de notre sport (pratique de loisir, activité demandant peu de qualités physiques, faible dépense énergétique) Facteurs techniques : matériel inadapté aux très jeunes pratiquants. Organisation générale Création en début d'année de groupes de niveaux Séances des 5/7 ans en simultané avec celles des 7/11 ans Passerelle entre les groupes : tirer les plus petits vers le haut Jeu sur mini-tables : 50 cm de hauteur Principes pédagogiques suivis au cours des séances (1) Comptage systématique des points Peu ou pas de « technique » mais plutôt des principes d'action Donner le but de la situation, laisser l'enfant chercher la solution
Construction des situations d'apprentissage
L'expérience levalloisienne Actions menées durant l'année
Un outil didactique : le poster Baby-Ping Réalisé en juin 2005 et produit par la commission fédérale des jeunes présidée par Francis CZYZYK (proposé dans le but d'aider les entraîneurs sur le plan pédagogique). La mise en forme : Un slogan : Grandir par le jeu , découvrir un sport 4 thèmes: 1) Bouger 2) Placer 3) Contrôler 4) Jouer : Développer l'esprit malin Proposition d'une variété de situations à la table et en dehors de la table pour chaque thème Pour une meilleure application Dans le cadre du club : sensibiliser les familles pongistes Ex : frère, soeur, parents, grands parents. En dehors du club : publicité auprès des institutions (municipalité, écoles primaires) Organisation au sein du club Variété du matériel pédagogique Ex : plots, bassines, balles de couleur, raquettes, robot, petite roue, cerceaux, tables basses… Durée : de 45 minutes à 1 heure, 1 à 2 fois par semaine, e ffectif : de 4 à 8 enfants Réaliser des groupes de niveaux plutôt que des groupes d'âge Organisation au sein de la séance
l'enfant doit toujours jouer Evaluer notre action en faveur des enfants
Le Baby-Ping dans le club : une idée centrale Le club, lieu de rencontre de tous les publics, entité où se jouent « éducation et formation » Dans ce cadre, le développement du baby-ping à un rôle de première importance. Le Baby-Ping indispensable : Pourquoi?
Pour l'avenir :
Rémi De Vendeuil, Educateur sportif du Poitiers TTACC
La Fédération Française de Tennis de Table, en collaboration avec la société CORNILLEAU, a mis au point du matériel spécialement adapté aux très jeunes et lance l'opération 15 000 raquettes. |
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